Egalité femme/homme : intervention de Maryline Daunis au Conseil municipal

Depuis 1945, les femmes ont cherché à affirmer leur place dans la société française et sont parvenues à gagner de nouveaux droits. Pourtant, si l’égalité femme-homme est aujourd’hui inscrite dans la loi, dans les faits, les inégalités persistent.

Faut-il rappeler ô combien il est difficile de lutter contre les préjugés et de faire évoluer les mentalités, quand il s’agit de progresser sur la voie de l’égalité entre les femmes et les hommes ! Ainsi Olympe de Gouges pouvait-elle dire dans sa « Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne »: « Je remarque que dans les luttes, les femmes doivent toujours lutter deux fois plus que les hommes : une fois avec les hommes, pour le changement de régime, et la deuxième fois pour qu’elles ne soient pas en reste du changement ».

Certaines batailles que nous croyions gagnées et des droits que nous pensions acquis sont encore remis en cause. Le constat est connu : les femmes restent en butte à de multiples formes d’inégalités, dans le monde de l’entreprise, dans l’univers familial ou dans la sphère politique.

Elles se heurtent encore à la non mixité de nombreux métiers qui cantonne près de la moitié des femmes (49,8%) dans 12 des 87 familles professionnelles ; elles occupent la majorité des emplois les moins qualifiés du secteur tertiaire, subissent davantage le chômage et le temps partiel non choisi. Quand elles ont un poste équivalent le salaire est moindre, l’écart de salaire entre un homme et une femme est de 25% en moyenne. Cela correspond à un jour de travail par semaine. Cette situation ne peut durer ! La répartition du travail « invisible », mais bien réel, des tâches domestiques n’évolue que très lentement : les femmes consacrent encore quatre heures par jour aux tâches ménagères, contre deux pour les hommes. Elles sont encore minoritaires au niveau de la haute fonction publique ainsi qu’au sein des directions des entreprises.

 

L’injustice et la discrimination à l’égard des femmes persistent, prenons l’exemple des actes de violence dont près de 70% sont victimes à l’échelle mondiale au cours de leur vie, des plus odieux  à ceux entrant dans la banalité du quotidien. En 2016 en France, près de 225 000 femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint. Quel que soit le type de violence subie, les conséquences physiques et psychologiques sont souvent irréparables. Selon le ministère de l’Intérieur, ce fléau emporte une femme tous les 3 jours en France. L’Institut national d’études démographiques estime par ailleurs qu’une femme sur sept a subi au moins une forme de violence sexuelle au cours de sa vie.

Ce sont toutes les violences, tous les asservissements, toutes les formes d’inégalité qu’il nous faut inlassablement combattre !

Face à ce phénomène qui gangrène notre société, Emmanuel Macron a annoncé le 25 novembre dernier à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, un éventail de mesures destinées à lutter contre les violences sexistes et sexuelles :

Renforcement de l’arsenal répressif : Allongement du délai de prescription des crimes sexuels sur les mineurs, qui pourraient déposer plainte jusqu’à 30 ans après leur majorité contre 20 ans actuellement.

Faciliter le dépôt de plainte : Un signalement en ligne sera créé dès le début de l’année pour les victimes de violence, harcèlement ou discrimination, qui pourront de chez elles parler en direct avec des policiers ou gendarmes formés, 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Education : Création d’un « module d’enseignement », consacré à la lutte contre le sexisme et le harcèlement « dans toutes les écoles ».

Travail : Le harcèlement au travail sera désormais une priorité de l’inspection du travail.

Mieux prendre en charge les femmes victimes de violences : – Des unités spécialisées dans la prise en charge globale psycho traumatique des femmes victimes de violences seront créées dès 2018 dans les centres hospitaliers. Dix d’entre elles sont déjà prévues dans les « mois qui viennent » en France métropolitaine « à titre pilote ».

Bien que nous saluions ces mesures, il reste de nombreux défis de taille que nous devons relever.

C’est pourquoi la ville de Rennes et Rennes Métropole continuent à œuvrer en faveur de l’égalité femme-homme, en rénovant les quartiers, en luttant contre les discriminations, en soutenant activement les associations traitant de la question. Nous avons aussi été la première ville à recevoir le label Égalité professionnelle de l’AFNOR.

Cet engagement égalité femmes-hommes fait également partie de l’ADN de notre famille politique, nous défendons un projet global pour l’égalité et la liberté des femmes : notamment sur la création d’un droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes sans conditions, – il s’agit également de faire la promotion de la laïcité, seul rempart contre les obscurantismes, les extrémismes et les restrictions des libertés ,- la lutte contre les stéréotypes à l’école, afin que les jeunes, filles comme garçons, puissent librement choisir leur parcours éducatifs et professionnels, – d’instaurer la protection du droit à l’IVG par le renforcement des centres IVG, le développement de leurs moyens et la création d’un droit européen à l’IVG.

Pour finir, je laisserai le mot de la fin à Simone de Beauvoir qui écrivait dans le Deuxième sexe : « Jusqu’ici les possibilités de la femme ont été étouffées et perdues pour l’humanité et il est grand temps dans son intérêt et dans celui de tous, qu’on lui laisse enfin courir toutes ses chances. ».

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